Mon ailleurs c’est là, installation artistique en 2009
Par Bab le vendredi 11 janvier 2008, 17:35 - Mon ailleurs c'est là - Lien permanent

La transmission d’un passé révolu est rendue de plus en plus difficile par la mobilité des individus. La ségrégation des générations et la transformation des lieux sont des obstacles supplémentaires à cette restitution. Nous ne sommes pas pour autant condamnés à l’amnésie. L’existence d’une mémoire collective est visible et, au travers du patrimoine, elle est capable de chaîner les générations.
Avec ses installations artistiques, le photographe colombien David Pinzón interroge les relations qu’entretiennent les individus avec cette mémoire.
Il s’agit pour l’artiste de révéler trois types de relations : celles entre le patrimoine bâti, l’espace contemporain et la vie quotidienne ; celles entre le caractère monumental du bâtiment, la promiscuité urbaine et la notion de territoire ; et enfin celle entre la mémoire collective et l’identité individuelle. L’artiste propose ensuite des restitutions de cette recherche qui impliquent fortement les individus concernés.
Mon Ailleurs c'est Là est le deuxième volet d'un travail artistique autour des arènes d'Arles.
Lors de son installation à Arles, ce sont les arènes qui ont retenu
l’attention de David Pinzón. Celles-ci sont ancrées dans la ville depuis près
de 2000 ans, elles constituent un décor quotidien et apparemment immuable. Or,
la mémoire des arènes est une mémoire plurielle et David Pinzón cherche
précisément à rendre compte des différentes formes que peut prendre sa
restitution.
En 2005, un premier projet de création partant de cette réflexion est présenté
au public. Lors de l’exposition intitulée Sables porteurs de mémoires,
l’artiste fait disparaître les arènes avec la construction d’une image, Veo la
arena , afin que ce vide interpelle la mémoire des arlésiens.
Mon Ailleurs c’est là est la nouvelle création proposée par l’artiste.
Au cours du premier projet, il a constaté que les riverains des arènes vivaient
au quotidien avec un morceau du monument chez eux. David Pinzón a donc décidé
d’aller à la rencontre de ces habitants et de partir à la recherche de chaque
pièce de ce puzzle pour reconstituer le portrait des arènes.
Synopsis
Quoi ?
Mon Ailleurs c’est là est une installation artistique qui prend la forme d’un parcours photographique dans l’espace public.
Comment ?
L’artiste réalisera le portrait d’individus en pied à l’intérieur de leur
habitat, sachant qu’en arrière-plan se trouveront une ou plusieurs fenêtres
donnant sur les arènes.
En tout, 60 portraits seront réalisés puis tirés sur des bâches grand
format.
Ces bâches seront accrochées sur une sélection de façades du centre ancien
d’Arles et des environs. Le choix des lieux d’accrochage dépendra de la
justesse du rapport entretenu par la photo et la façade. La répartition des
lieux d’accrochage doit privilégier un parcours labyrinthique et centrifuge
dont les arènes seraient l’épicentre.
L’accrochage des 60 portraits sera traité comme un événement en soi sur un
temps relativement court, l’installation doit assiéger la ville.
Le projet artistique donnera lieu à une restitution sous forme de livre-DVD et
des rencontres avec l’artiste.
Quand ?
Mon Ailleurs c’est là se déroulera sur 6 mois, d’avril à septembre
2009.
Il bénéficiera des publics de plusieurs événements majeurs : la Féria de Pâques
en avril 2009 (500 000 participants en 2007), les Rencontres d’Arles, (52000
visiteurs en 2006), le Festival des Suds, (56 000 spectateurs en 2006) tout en
animant le centre ancien en amont et en aval de cette effervescence
estivale.
Les prises de vue et le repérage des façades seront réalisés en 2008.
La mise en œuvre de l’accrochage et l’édition du livret-DVD seront faits en
2009.
Le budget, les partenaires ?
Le budget prévisionnel sur deux ans est de 206 000 euros.
La Région PACA, la Ville d’Arles et le journal La Provence sont d’ors et déjà
partenaires.
Les partenariats institutionnels et privés seront complétés en 2008.