1/ Via la pratique artistique contemporaine : La fin des « grands récits » dans l’art et les nouveaux enjeux de la narrativité remettent en question l’idée d’un « discours total » de l’œuvre que le spectateur est tenu de reconstituer. De plus en plus, l’artiste lui demande d’acter l’œuvre non plus pour reconstituer un récit mais plutôt pour expérimenter des événements et donc des champs de possibles – et d’impossibles. 

2/ Via le champ social : Qu’est-ce qu’un spectateur aujourd’hui, dans la société des mass média assénant l’information et, paradoxalement peut-être, dans un monde ou l’absence de certitudes est devenue une donnée culturelle ? De nombreux artistes développent cette approche politique et sociale en proposant aux spectateurs une expérimentation des perceptions qui met à l’épreuve leurs capacités de réception, leur imaginaire, leur mémoire et questionne les concepts de libre choix, de réalité, etc.

3/ Via le champ économique : Les institutions culturelles sont sommées de trouver une économie rentable financièrement de manière à sortir de plus en plus du champs du financement public. Il s’agit donc de fidéliser les publics et d’en toucher de nouveaux en élargissant la palette d’offres culturelles consommables.
Quelle place souhaitons-nous donner (conserver ?) au spectateur dans ce contexte qui, s’il n’est pas le seul moteur de la création artistique aujourd’hui, prend néanmoins de plus en plus d’importance ? Que pouvons-nous créer qui réponde à ces contraintes tout en s’inscrivant fortement dans les ébauches de réflexion des deux premiers champs ?

 Qu’attend le secteur culturel d’un spectateur aujourd’hui, et surtout, que lui propose t'on ? Quels sont les nouveaux enjeux de la médiation culturelle dans un monde en réseau, où la réalité est hybride ?
Qu’est-ce qu’on transmet, et comment ?
Le secteur privé est directement impliqué, notamment les industries culturelles, dans la problématique « spectateur / consommateur ». Sans les exclure de la réflexion, bien au contraire, il nous semble cependant que les réponses à trouver concernent l’intérêt général. 1er Siècle a été créé sous la forme associative car nous pensons que cette réflexion concernant l’art du spectateur peut et doit être menée par des artistes, en lien étroit avec la sphère des acteurs publics.